Le Conseil constitutionnel valide
en grande partie les mesures sociales de la loi de financement
de sécurité sociale pour 2009
Le
Conseil constitutionnel valide par une décision du 11 décembre
28 les mesures de la loi de financement de sécurité
sociales pour 2009.
Il s’agit pour l’essentiel :
Des mesures en faveur de l’emploi des séniors applicables
dès le 1er janvier 2009 (sous réserve de la parution
de décrets d’application) :
- en améliorant le cumul emploi retraite par la suppression
du délai de carence de 6 mois en cas de reprise chez l’ancien
employeur et en supprimant le plafond de cumul de ressources tant
pour les salariés, les non salariés et les libéraux
;
- en instituant une surcote de 5% par an pour les assurés
décidant de poursuivre leur activité au delà
de l’âge à partir duquel ils peuvent prétendre
à une retraite à taux plein ;
- en maintenant la faculté de mise à la retraite
de salariés âgés de 60 à 65 ans dès
lors qu’ils peuvent bénéficier d’une
retraite à taux plein et qu’un accord collectif le
prévoit jusqu’au 31 décembre 2009 ;
- en subordonnant la mise à la retraite à l’accord
des salariés dont l’âge est compris entre 65
et 70 ans (un décret d’application précisera
ces modalités)
De la création d’un forfait social :
A compter du 1er janvier prochain, les sommes exonérées
de cotisations sociales devront donner lieu à une contribution
patronale de 2%. Il s’agit des sommes issues de l’intéressement
et de la participation ; de l’abondement de l’employeur
au PEE des contributions des employeurs à la retraite supplémentaire.
De la prise en charge obligatoire des frais de trajet des salariés
utilisant les transports collectifs pour l’ensemble des
employeurs (le taux de prise en charge sera fixé par décret)
et de la possibilité de verser aux salariés une
somme de 200 € au titre du carburant lorsqu’ils ne
peuvent pas utiliser les transports en commun.
De la soumission aux charges sociales des dividendes perçus
dans le cadre d’une SEL
Les revenus distribués dans le cadre d’une SEL aux
travailleurs non salariés excédant 10% du capital
et des sommes versées en compte courant sont assujettis
aux cotisations sociales.
En
revanche, le Conseil constitutionnel rejette l’article 21
du projet de loi comme étant trop éloigné
de l’objet de la loi de financement de sécurité
sociale. Cet article instituait des mesures relatives à
la sécurité juridique entre les cotisants et l’URSSAF
en permettant notamment l’opposabilité des décisions
prises par l’URSSAF aux entreprises appartenant au même
groupe et en instituant une solidarité financière
des sociétés mères ou des holdings lors de
constat de travail dissimulé sur les entreprises du groupe.
Conseil constitutionnel - décision du 11 décembre
2008, n° 2008-571 DC
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/2008/decisions-par-date/2008/2008-571-dc/decision-n-2008-571-dc-du-11-decembre-2008.33777.html
Conditions de publication des instructions
et des circulaires
Selon
le décret n° 2008-1281 du 8 décembre 2008 relatif
aux conditions de publication des instructions et circulaires,
ces dernières, adressées par les ministres aux services
et établissements de l'Etat sont tenues à la disposition
du public sur un site internet relevant du Premier ministre.
Elles
sont classées et répertoriées de manière
à faciliter leur consultation.
Le
décret du 8 décembre 2008 précise qu’une
circulaire ou une instruction qui ne figure pas sur le site mentionné
sur le site internet relevant du Premier ministre n'est pas applicable.
En conséquence, les services ne peuvent en aucun cas s'en
prévaloir à l'égard des administrés.
Cette
publicité se fait sans préjudice des autres formes
de publication éventuellement applicables à ces
actes.
Décret n° 2008-1281 du 8 décembre 2008 relatif
aux conditions de publication des instructions et circulaires
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000019900707&date
Texte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id
L’âge de mise à
la retraite
Le
projet de loi de financement de sécurité sociale
pour 2009 (adopté définitivement mais non encore
publiée) restreint les conditions de mise à la retraite
par l’employeur. Un projet de décret vient préciser
ses modalités d’application.
Au
terme de ses dispositions, 3 mois avant la date de son 65ème
anniversaire, l’employeur interroge par écrit le
salarié « sur son intention de quitter volontairement
l’entreprise pour bénéficier d’une pension
de vieillesse », soit sur sa volonté d’un départ
(et non d’une mise) à la retraite.
En
cas de réponse négative du salarié dans le
mois suivant cette demande ou encore à défaut d’avoir
interrogé le salarié, l’employeur ne pourra
pas mettre à la retraite le salarié durant l’année
qui suit la date d’anniversaire.
Cette
procédure est « applicable les 4 années suivantes
». Il semble donc que l’employeur soit tenu de reprendre
cette procédure durant les 4 années suivant le 65ème
anniversaire du salarié, soit, jusqu’à son
69ème anniversaire.
Dans
l’hypothèse où l’employeur renouvellerait
sa demande durant les 4 années suivantes, soit avant le
65ème, le 66ème, 67ème, 68ème et 69ème
anniversaire, et où le salarié aurait répondu
négativement dans le délai prescrit à ces
5 demandes, l’employeur pourra procéder à
sa mise à la retraite à compter de la date de son
70ème anniversaire.
Projet de décret sur la mise à la retraite d’office
http://www.wk-rh.fr/actualites/upload/projet-decret-mise-a-la-retraite-d-office.pdf
Aide au transport domicile-travail
: projet de décret
Les
modalités de prise en charge par l'employeur d'une partie
des frais de transport engagés par les salariés
pour le trajet domicile–travail, font l'objet d'un projet
de décret. Rappelons que ce dispositif se substituant au
chèque transport est issu de la loi de financement de sécurité
sociale (LFSS) pour 2009 à paraître.
Concernant
les frais de transports publics, le projet de décret détaille
les modalités de la prise en charge par l’employeur
:
- participation financière de ce dernier d'au moins 50
% (base du tarif de 2ème classe) ;
- sur les abonnements multimodaux à nombre de voyages illimité,
les abonnements spéciaux et les abonnements mensuels ordinaires
émis par la SNCF, les entreprises de transport public et
les régies ;
- sur les cartes et abonnements hebdomadaires à nombre
de voyages limité délivrés par la RATP, la
SNCF, les entreprises de l'Organisation professionnelle des transports
d'Ile-de-France et les entreprises de transport public et les
régies ;
- sur les abonnements à un service public de location de
vélos.
Le
projet de décret prévoit que le bénéficiaire
pourra demander la prise en charge du ou des titres de transport
lui permettant d'accomplir le trajet de la résidence habituelle
à son lieu de travail dans le temps le plus court. Lorsque
le titre utilisé correspond à un trajet supérieur
au trajet accompli dans le temps le plus court, la prise en charge
sera faite sur la base de l'abonnement qui permet strictement
de faire ce dernier trajet.
La
prise en charge des frais est liée à la remise ou
à la présentation des titres par le salarié
(comportant les nom et prénom du bénéficiaire).
Une attestation sur l'honneur sera admise pour la location de
vélos et les travailleurs intérimaires. Le remboursement
interviendra au plus tard à la fin du mois suivant celui
pour lequel ils ont été validés.
Concernant
le second dispositif (facultatif) d'aide à la prise en
charge totale ou partielle les frais de carburants ou d'alimentation
de véhicules électriques est prévu pour les
salariés utilisant leur véhicule, soit parce que
leur lieu de résidence ou de travail est situé en
dehors d'un périmètre de transports collectifs,
soit parce que leurs horaires de travail ne leur permettent pas
de les utiliser.
Le projet de décret précise que l'employeur prenant
en charge ces frais devra en faire bénéficier, selon
les mêmes modalités et en fonction de la distance
domicile-travail, l'ensemble des salariés remplissant ces
conditions et justifier de cette prise en charge.
En
revanche seront exclus de ce dispositif notamment les salariés
logés dans des conditions telles qu'ils ne supportent aucun
frais de transport domicile-travail et ceux dont le transport
est assuré gratuitement par l'employeur.
Enfin,
le décret précise les modalités communes
aux deux aides : elles devront figurer sur les bulletins de salaire,
l’employeur doit avertir 1 mois avant les salariés
en cas de changement des modalités de remboursement des
frais, les temps partiels au moins à mi-temps bénéficieront
des mêmes avantages et pour le salarié exerçant
son activité sur plusieurs lieux de travail au sein d'une
même entreprise n'assurant pas le transport pourra prétendre
à la prise en charge du titre de transport ou des frais
de carburant lui permettant de réaliser l'ensemble des
déplacements qui lui sont imposés entre sa résidence
habituelle et ses différents lieux de travail.
Projet de décret aide au transport domicile-travail
http://www.wk-rh.fr/actualites/upload/1709-081209-projet-decret-transports.pdf
Prime à l’embauche
pour les entreprises de moins de 10 salariés
Dans
le cadre du plan de relance de l'économie française,
le président de la République a annoncé le
4 décembre 2008 la création d’une prime à
l’embauche pour les entreprises de moins de 10 salariés.
Ainsi,
toutes les nouvelles embauches que les entreprises de moins de
10 salariés réaliseront en 2009 « seront aidées
à hauteur de l'intégralité des charges patronales
au niveau du SMIC »
Cette aide sera dégressive avec le niveau de salaire :
elle sera totale au niveau du SMIC (180 € par mois) et sera
ensuite dégressive pour s'annuler à 1,6 SMIC.
Cette
prime à l'embauche complètera les dispositifs d'exonération
de charges sociales existants (notamment la réduction générale
de cotisations dite réduction Fillon).
Il
convient de noter que cette prime sera de nature temporaire pour
permettre aux entreprises de passer le cap de la crise et continuer
à embaucher. Elle sera versée trimestriellement
par le Pôle emploi (fusion des ANPE et des ASSEDIC au 1er
janvier 2009).
En
conséquence, les premiers versements devraient intervenir
courant avril 2009.
Cette
prime à l'embauche figurera dans le projet de loi de finances
rectificatif qui sera présenté au premier Conseil
des ministres de l'année 2009.
Ce
texte devrait également prévoir une dotation supplémentaire
de 500 millions d'euros pour financer l'accompagnement des salariés
licenciés économiques, les actions de formation
des demandeurs d'emploi, le développement des contrats
de professionnalisation et l'indemnisation du chômage partiel.
Discours du président de la République à
Douai le 4 décembre 2008
http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=2094&lang=fr
Assistance du salarié
Un
employeur, disposant de représentants du personnel et qui
mentionne dans la lettre de convocation à entretien préalable
la faculté pour un salarié de se faire assister,
soit par un salarié appartenant au personnel de l’entreprise,
soit par un conseiller extérieur, commet une irrégularité
qui cause un préjudice au salarié et ouvre droit
à des dommages-intérêts pour le salarié.
La
cour de cassation dans cette décision sanctionne une mention
erronée et rappelle que lorsqu’une entreprise dispose
de représentants du personnel, la lettre de convocation
à entretien préalable ne doit mentionner que la
faculté pour le salarié de se faire assister par
des salariés appartenant au personnel de l’entreprise,
à défaut, il s’agit d’une irrégularité
de procédure.
Cass. soc, 19 novembre 2008, n° 07-43.191
http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&idTexte=
JURITEXT000019782328&fastReqId=1241416902&fastPos=1
Annulation de l’avis d’inaptitude
L’inaptitude
médicale du salarié ne peut être constatée
que par le médecin du travail. Conformément à
l’article L. 4624-1 du Code du travail, la décision
du médecin du travail peut être contestée
devant l’inspecteur du travail.
En
l’espèce, une salariée est déclarée
inapte définitivement le 25 juillet 2005, cette décision
d’inaptitude étant annulée le 5 septembre
2005 par l’inspecteur du travail. La salariée est
ensuite licenciée, le 3 octobre 2005, pour inaptitude physique
et impossibilité de reclassement.
La
salariée soutient que son licenciement est nul puisque
prononcé non pas en raison de l’inaptitude mais en
raison de son état de santé.
La
Cour de cassation ne suit pas le raisonnement de la salariée
en décidant que « lorsque l'inspecteur du travail
décide de ne pas reconnaître l'inaptitude ou que,
sur recours contentieux, sa décision la reconnaissant est
annulée, le licenciement n'est pas nul mais devient privé
de cause. »
Cass. soc, 26 novembre 2008, n° 07-43598
http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&idTexte
=JURITEXT000019842394&fastReqId=1062776356&fastPos=1